Ours : un voisin mal léché ?

14 octobre 2018 | Société

Le 26 mars, la décision de réintroduire deux ourses dans le Béarn a ravivé le débat concernant la présence de l’espèce dans les Pyrénées. Alors que certains acteurs du pastoralisme y voient un facteur de ré-ensauvagement, les pro-ours rejettent cette vision anthropocentrique de la montagne. Pour eux, la question n’est pas de savoir s’il peut y avoir cohabitation, mais comment la rendre possible.

L’homme et l’ours. Une longue histoire d’amour, de fascination et de haine… Et pour cause : le débat concernant la présence de l’ours dans les Pyrénées déchaîne les passions. Le gouvernement, représenté par Nicolas Hulot puis François de Rugy, affirme pourtant qu’il en va de la survie de l’espèce sur le territoire. La réintroduction de deux femelles dans le Béarn (début octobre) vise à remplacer deux ours tués par l’homme mais aussi de faire face au problème de consanguinité, selon le préfet des Pyrénées-Atlantiques Gilbert Payet. Cette population d’une quarantaine d’individus reste la plus menacée d’Europe du fait de son isolement. Néanmoins, pour l’opposition la plus dure, le plantigrade n’a tout simplement plus sa place dans les Pyrénées. « Sa présence remet en cause toutes les pratiques pastorales, estime Franck Watts, président du syndicat ovin de l’Ariège. Les montagnes vont être abandonnées, la randonnée ne sera plus possible car, sans le pâturage, il n’y aura plus moyen de passer, la zone va revenir à l’état sauvage. » Quant aux indemnisations mises en place pour dédommager les éleveurs dont les bêtes ont été tuées par l’ours, le syndicaliste ne veut pas en entendre parler. « Elles ne permettent pas de reconstituer le troupeau. Toute la stratégie de sélection est perdue, et il faut adapter les nouveaux animaux à leur estive, ce qui n’a rien d’évident. »

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